Jour 10
Aujourd’hui, nous avons continué les travaux à Quilima. On a fini de repeindre une des chambres d’enfants. Les vitres ont été soigneusement grattées et lavées. Comme plusieurs carreaux étaient cassés ou manquants, et étaient simplement recouverts de dessins d’enfants sur du papier, nous les avons remplacés. On a acheté de nouvelles vitres en allant au marché hier et Charles a fait de petits miracles pour les installer.
Pour la serre, il restait à attacher solidement le contour du toit. Quatre des nôtres ont commencé à recouvrir les murs intérieurs de la serre. La technique consiste à lancer une motte de reboque sur le mur — au risque de recevoir de grosses éclaboussures dans le visage — et à l’étendre ensuite avec une truelle. Lise en avait jusque sur les dents; Maude avait le lancer sûr.
À Santiago de Okola, seuls un Bolivien et un chien attendaient l’arrivée de nos troupes pour se mettre au travail. Le Bolivien a commencé à travailler à la construction de la structure du toit, mesurant, coupant et clouant des poutres de bois. Laurier s’est rendu utile en l’aidant à prendre des mesures et en l’assistant dans toutes ses tâches sans prendre la moindre pause. Les autres ont transporté des poutres. Les petites poutres devaient être portées par deux personnes et plusieurs grosses nécessitaient trois porteurs.
Il a aussi fallu finir de transporter les briques. Mario poussait la brouette où il empilait des charges impressionnantes. Il y avait aussi un mur d’adobe devenu inutile que Mario s’est occupé de démolir pour en réutiliser les briques ailleurs. Chaque brique détachée était passée de main en main dans un travail à la chaîne efficace.
L’avant-midi s’est terminé tôt, faute de clous. Tous sont revenus manger une bonne soupe et Josée est allée chercher des clous.
Dans l’après-midi, on avait besoin de moins de travailleurs sur les sites. Plusieurs d’entre nous sont allés prendre une marche, Chantal et Audrey allant monter au sommet de la tête du Dragon dormido. Sun et Laurier ont fait de même, mais sans suivre le sentier, ce qui les a amenés à réaliser une escalade de plusieurs heures. C’est parce qu’ils ont suivi un chien qu’ils ont baptisé Lorenzo. Quand l’exercice est devenu trop difficile, Lorenzo les a quittés pour se joindre à Chantal et Audrey. Finalement, tous les quatre se sont retrouvés au sommet avec le chien et ont pu redescendre par le sentier.
Nous avons pensé vous parler aujourd’hui des trois Boliviennes qui nous accompagnent dans ce projet. Il y a Teresa, dirigeante de l’organisme Renacer. Cet organisme s’occupe de faire construire des serres et des poulaillers dans les villages qui en ont besoin. Teresa est agronome et comptable. Elle vit à El Alto, en banlieue de La Paz, mais elle est avec nous pour la durée du projet. Dans un petit discours, le soir du jour de l’An, elle nous a dit qu’elle était très nerveuse à l’idée d’accueillir un si gros groupe. C’était une première pour elle. La nervosité l’avait même rendue malade, mais elle était très émue que nous soyons enfin tous réunis. Elle va mieux maintenant, après deux injections, et elle s’occupe de nous sans cesse, toujours au téléphone à appeler les taxis, régler les problèmes, trouver les outils, tout cela pour assurer la bonne progression des projets. Elle apprécie beaucoup l’enthousiasme de chacun de nous. Elle a trois grands garçons qui sont avec leurs grands-parents pendant qu’elle est ici avec nous. Elle se déplace au gré des différents projets entrepris par Renacer. Quand nous serons partis, elle continuera à surveiller la poursuite des travaux que nous n’aurons pas terminés. Elle réussit quand même à passer beaucoup de temps chez elle à El Alto. Dans ses temps libres, elle aime le karaoke, qui lui permet de crier pour toutes les fois où elle ne peut pas le faire au travail.
Veronica travaille avec elle au sein de Renacer. Elle a également étudié en comptabilité et en secrétariat. Elle s’occupe de tâches administratives au sein de Renacer. Cela l’amène à rencontrer les autorités des villages qui demandent l’aide de Renacer. Elle est la plus jeune d’une famille de trois enfants. N’ayant ni mari, ni enfant, elle vit avec sa mère âgée qui a besoin de soins. Son frère peut aider un peu aux soins de sa mère quand elle s’absente. Elle aime aussi le karaoke et aller danser, mais elle craint un peu la grande ville et préfère se réunir avec ses amies du collège pour boire et manger des grillades dans une ambiance de fête.
Parlons maintenant de Rocio qui a fait quatre années d’université en administration. Elle assure la gestion de l’auberge où nous logeons. C’est son oncle qui en est le propriétaire. Malgré son titre, elle a l’humilité de travailler à la cuisine de 7 h à 20 heures. Elle dirige la préparation des repas avec Josée, et nous sommes les cuistots qui coupons les légumes. Elle fait de la bonne limonade. Elle est contente de nous côtoyer toute la journée, parce qu’elle apprend beaucoup de choses, comme quelques mots de français ainsi que notre culture et notre cuisine, car les repas sont souvent des hybrides entre cuisine bolivienne et canadienne. Elle est célibataire sans enfants et elle aime aller danser. Elle vit à El Alto et passe presque tout son temps à l’auberge quand les clients sont nombreux. La haute saison va de novembre à février. Le reste de l’année, les clients sont rares.
Ces trois femmes adorent les animaux. Elles ont toutes des chats ou des chiens, et ont même de l’affection pour les chiens errants qu’elles trouvent si gentils. Actuellement, Rocio s’occupe des chats de ses grands-parents qui ont une maison à Santiago de Okola, mais qui sont absents en ce moment. Elles prennent leurs repas avec nous et nous apprécions vraiment leur compagnie.
Isabelle et Maria

































